La lettre du Spéléo-Club de Paris

N°265 - Mai 2008

mai 2008, par Spéléoclubdeparis // La lettre

ADIEU À BRIGITTE CHOPPY

C’est avec une profonde émotion que nous avons appris par son beau-frère Jean Taisne, la disparition de Brigitte Choppy qui vient de nous quitter le 10 mai. Brigitte Leger avait commencé la spéléo à l’âge de 11 ans, en 1945, dans le cadre des Éclaireurs de France. Un temps détentrice du record féminin de durée sous terre, elle avait visité, le plus souvent en compagnie de son mari Jacques Choppy, plus de 1500 grottes, les dernières étant en 2007 la salle de la Verna, à la Pierre Saint-Martin et, lors de la dernière Rencontre d’Octobre, les salles rouges d’Orgnac. Magnifique parcours que ces soixante-deux ans de spéléologie. Éclairagiste, responsable des observations et... de l’intendance, elle était pour beaucoup dans la réalisation de l’oeuvre que Jacques a signée et que le Spéléo-club de Paris s’attache à pérenniser. En 2004, au retour d’une expédition au Zimbabwe, Brigitte fut hospitalisée, mais se remit très vite, alors que Jacques, hospitalisé à son tour, devait mourir peu après de complications cardiaques et pulmonaires. Brigitte a poursuivi quelque temps les recherches sur l’art rupestre africain qu’elle et Jacques menaient depuis le début des années 1960, avant d.être rattrapée de nouveau par un cancer contre lequel elle s’est battue avec courage et une grande discrétion. Mais c’est la maladie qui a eu le dernier mot et Brigitte s’est éteinte chez elle, entourée de ses enfants. 1933-2008 : ce fut une belle traversée. (D.T. & J.Ch.)

LES GRANDS DE LA CANTABRIE

Le premier mai, la Agrupación Espeleologica Ramaliega (AER) de Ramales de la Victoria (Cantabria) a réussi la jonction entre le Mortero de Astrana et le Mazo Chico. Le réseau ainsi formé totalise 103 km, avec 18 entrées. Trois km de nouvelles galeries remontantes au fond du Mortero, avec la descente d.un P 80 et d.un P 25 permettent de retomber sur la zone profonde de Mazo Chico, explorée naguère par nos camarades, dont Philippe Morverand et José Leroy. Plusieurs continuations restent à explorer. L’exploration du réseau a commencé dans les années 60 avec le Spéléo-club de Dijon, la SS Bourgogne et le Spéléo-club de Paris jusqu’en 1999.

Les Français ne sont pas en reste puisque dans le système de la Gandara, un interclub sous la houlette du Spéléo-club de Dijon (dont Patrick et Sandrine Degouve), lors de leurs explorations menées fin avril début mai ont ajouté 5300 mètres à un réseau dont le développement atteint maintenant 93,1 km. La barre des 100 km n’est plus très loin.

Dans le même secteur, le réseau de l.Alto Tejuelo, l’amont de la Canuela, exploré par un interclub franco-espagnol . SEJA (Madrid), Mataro, SC Dijon . compte aujourd.hui 83 km de développement. Là aussi les 100 km ne sont pas impossibles à atteindre.

NOUVELLES DE PHILIPPE AUDRA

Philippe se remet lentement chez lui de son grave accident dans la grotte des Chamois. Seule la position couchée lui est possible, ainsi que quelques pas avec l’aide d.un déambulateur. Autant que son état le lui permet, Philippe occupe ses longues heures d.immobilité à la rédaction d’articles sur ses explorations, un travail que ses multiples activités l’empêchaient jusqu.à présent de mener à bien...

LE CÉDÉHESSE SOIXANTE-QUINZE A RETROUVÉ UN SECOND SOUFFLE

Dans les arcanes de l’administration spéléologique, l’existence d.un Comité départemental de spéléologie (CDS) apparaît indispensable. C’est lui, en effet, qui nous permet de défendre les intérêts des clubs auprès de nos partenaires financiers institutionnels de tout niveau (commune, Etat, etc). Or le CDS 75 était retombé en sommeil depuis plusieurs années et il convenait de le remettre sur ses rails. Notre camarade Daniel Dairou s’est attelé à cette tâche avec le dévouement qu.on lui connaît (ou qu.on ignore), car il a été trésorier de la Fédération française de spéléologie pendant 18 ans. Une assemblée générale ordinaire (bien qu’exceptionnelle dans le contexte actuel) du CDS 75 et, pendant qu.on y était, une assemblée générale extraordinaire se sont tenues le samedi 17 mai au Centre d’animation Brancion, dans le 15e. Sept membres du Spéléo-club de

Paris y participaient. Un nouveau bureau a été élu : Daniel Dairou, président, Jasmine Teyssier secrétaire, Dominique Immig (AS Banque de France) présidente adjointe, Thomas Lecoq (AFEGC) trésorier.

A noter que l’adresse du siège social du CDS 75, comme celle de son grand frère régional, le COSIF, est maintenant le 5 rue Campagne Première, c’est-à-dire l’adresse postale du Club alpin français d.Ile-de-France, une aide dont il faut remercier le comité directeur du CAF IdF et son président, François Henrion.

REUNION/CONFERENCE

JPEG - 14.8 ko
Un des gouffres qu.on vient découvrir sur Mars. Pour les explorateurs de demain (ou d’après-demain).

Jeudi 29 mai à 19 heures 45 dans le premier sous-sol du Club alpin français d.Île-de-France au 12 rue Boissonade

se tiendra la prochaine réunion de notre club Au programme : Cécile Iribarnégaray et Florent Lauthier nous présenteront des images des cavités qu.ils ont eu récemment l.occasion de visiter : la Baume Layrou (Gard), Malaval (Lozère), l.igue de Bar (Lot), la carrière du Puiselet, etc.

Jacques Chabert nous parlera des dernières découvertes sur des grottes qu.à moins de circonstances extraordinaires, vous n’aurez jamais l.occasion de visiter, mais qui existent bel et bien, les tunnels de lave de la Lune et de Mars. L’aventure exospéléologique ne fait que commencer.... Si vous avez quelques photos à nous présenter, n.hésitez pas à nous contacter.

UNE PRÉSIDENTE À LA FÉDÉ

Lors de son assemblée générale, la Fédération française de spéléologie a élu un nouveau bureau. Pour la première fois de son histoire, la FFS a à sa tête une femme, Laurence Tanguille. L.événement méritait d.être salué. Nous lui souhaitons de réussir dans cette tâche présidentielle, toujours délicate et nécessitant un investissement personnel important. Elle aura à ses côtés, au sein du bureau Jean-Pierre Holvoet (pt-ajoint), trois vice-présidents, Gilles Turgné, Olivier Vidal, alias Wally, et une autre femme notre amie Annick Menier. Le trésorier est Jacques Romestan.

SUR VOTRE AGENDA

- Jeudi 22 mai : Gymnase, 5 rue des Lilas, 20h-22h.
- 5 juin : Gymnase.
- 7-8 juin : Dézobe au Trou des Anciens (Francheville, Côte d.or)
- 19 juin : Gymnase,
- 24 juin : Conférence du Spéléo-club de Paris.
- 28-29 juin : Grottes de Fontainebleau et barbecue dans le bois de la Roche Moreau. Jacques Chabert.
- 19, 20, voire 21 juillet : les 24 heures du Sprimont (Floreffe . Belgique). C’est le vingtième anniversaire...
- 23-30 août : Congrès européen de spéléologie, dans le Vercors.

LES COMBATS DES CHAUVES-SOURIS AMÉRICAINES

JPEG - 69.2 ko
Les flèches (rouges pour ceux qui ont la couleur) montrent le museau des chauves-souris d.une grotte de l.Etat de New York victimes du White Nose Syndrome (Photo Nancy Heaslip).

- Après l’attaque de Pearl Harbour par les Japonais, les Etats- Unis ont cherché des moyens de contre-attaquer. Un chirurgien de Pennsylvanie eut l.idée d.utiliser les chauves-souris pour véhiculer des charges incendiaires sur les villes japonaises. Ces animaux volants peuvent transporter trois fois leur poids. la plus grande chauve-souris américaine, le molosse Eumops perotis, de 60 cm d’envergure, pourrait transporter une livre de dynamite. C’est en fait les Tadarida brasiliensis, qu.on voit notamment dans les grottes de Carlsbad, deux fois plus petites, mais beaucoup plus nombreuses, qui furent choisies. Mais les animaux se révéleront trop fantaisistes dans leur approche des cibles et l.Opération Rayon X, comme elle avait été baptisée, fut abandonnée.

- L’armée américaine vient d’attribuer 10 millions de dollars aux ingénieurs de l.Université du Michigan, pour le développement d.un avion espion de 15 cm inspiré par les chauves-souris. En survolant les zones de combat, l’avion mammifère au doux nom de COMBAT ( bat = chauve-souris en anglais) serait chargé de transmettre des informations aux soldats au sol à l’aide de multiples capteurs miniaturisés. Mais on laisserait les vrais chiroptères tranquilles, ils ont assez d’ennuis comme cela.

- Surtout ceux du Nord-Est des Etats-Unis qui sont menacés par un mal encore inexpliqué. Ils sont apparemment infectés par un champignon qui forme souvent des touffes blanches sur leur museau. On ignore si le champignon n’est qu.un symptôme ou s.il est à l.origine de la mort des animaux. Si cette maladie se poursuit au rythme actuel, toutes les chauves-souris de la région pourraient disparaître. C’est l’espèce Myotis lucifugus, la "petite chauve-souris brune", un vespertilion, qui subirait les plus lourdes pertes. Les spéléologues américains sont invités à prendre des précautions très contraignantes pour éviter de transmettre la maladie. Pour ceux qui veulent en savoir plus, voir sur Internet "White Nose Syndrome" (in English, of course).

LE CONCOURS DE LA LETTRE

JPEG - 134.1 ko

Cette image est la reproduction d.une carte postale représentant une salle d.un restaurant loin de chez nous. On pense que ce lieu fut la première boîte de nuit du pays et a donc dû voir naître une révolution musicale dont les échos nous emplissent avec bonheur les oreilles. Et le nom de ce restaurant, autant que sa décoration, ne peut pas non plus laisser insensibles les spéléologues que nous sommes. Le premier ou la première qui pourra dire au rédacteur le nom et le lieu de ce restaurant se verra offrir un livre spéléo et un disque de cette musique.

LE TIMBRE DU MOIS

JPEG - 20.7 ko

A Gibraltar, on a recensé 125 grottes. Dans certaines d’entre elles, des restes d.hommes de Néandertal ont été découverts. La grotte de Saint-Michel est située à la pointe sud du rocher de Gibraltar, à une altitude de 300 mètres. La légende disait qu’elle était en communication avec le continent africain par un passage souterrain de 24 km de long franchissant le détroit de Gibraltar et qu’auraient emprunté les singes de Gibraltar pour venir d.Afrique. Pendant la Seconde Guerre mondiale la grotte fut aménagée en hôpital, mais celui-ci ne servit jamais. Les désobstructions à l’explosif faites à cette occasion permirent la découverte de la Lower St Michael.s Cave, la grotte inférieure, qui renferme un lac de 30 mètres de long pour 11 mètres de large. La visite de la Lower Cave requiert, semble-t-il, un peu plus d’effort que le parcours touristique de la Upper cave, la grotte supérieure. La grande salle, la Cathedral Cave, sert d’auditorium. On y donne des concerts et des ballets.

LA LETTRE DU SPÉLÉO-CLUB DE PARIS

Mai 2008 -N° 265 (27e année) Rédacteur : Jacques CHABERT, 8 rue Crémieux. 75012 Paris. Tél 01 46 28 57 45, 06 03 45 52 87 jacques.chabert@noos.fr

Avec l’aide précieuse de Jean TAISNE, Daniel TEYSSIER et la collaboration de Jasmine, ainsi que : Eynard DE CRÉCY (informations scientifiques), Lionel GAIMARD (Internet), Florent MELLAC (diffusion), Daniel DAIROU, Jean-Yves BIGOT, Patrick DEGOUVE .


Documents joints


PDF, 248.1 ko