02/08/2009 - 09/08/2009

Camp d’été spéléo d’Arbas, pays de l’ours (Pyrénées)

Sur invitation du Club Spéléo d’Arbas (CSA)

août 2009, par Audrey Beauduc, Cécile Iribarnégaray, Florent Lauthier, Pascale Vivancos, Sabrina Mazon // Sorties

L’article de Cécile sur le weekend dans le Lot du 8 mai dernier nous présageait un camp spéléo d’été dans les Pyrénées en compagnie des membres du Club Spéléo d’Arbas. Eh bien, nos vœux se sont exaucés et ce camp s’est déroulé du 2 au 9 août, pour le plus grand plaisir de tous ses participants qui en garderont longtemps de merveilleux souvenirs …

Les participants : Luc Maynaud, Patrick Bresquignan et Philippe Annic du CSA (nos chaleureux organisateurs, encore un gros MERCI à eux) ; Audrey Beauduc, Cécile Iribarnegaray, Florent Lauthier, Isabelle Miegeville, Bruno Delprat, Pascale Vivancos (du 4 au 6 août)et Sabrina Mazon du SCP

Le site du camp : le célèbre réseau karstique Félix-Trombe – Henne Morte (appelé aussi réseau de la Coume Ouarnède) situé sur le versant nord des Pyrénées centrales, plus précisément sur les contreforts calcaires des Pyrénées haut-garonnaises. Avec ses plus de 100 km de galeries, ses 1000 mètres de dénivelé, sa cinquantaine d’entrées et ses sept rivières souterraines, ce paradis des spéléos s’étale sous le Pic de Paloumère, près d’Arbas (c’est particulièrement cette zone que nous avons explorée), sous le massif du Cagire, au sud d’Aspet, et sous le massif d’Estelas, près de Saleich.

Carte : TOP 25 IGN 1947 OT Aspet

Le gîte : Chalet de Paloumère - gîte municipal - commune de Herran - Hameau de La Baderque où de délicieux et copieux repas furent pris dans la bonne humeur…au coin du feu, car à environ 700m d’altitude les soirées peuvent être fraîches.

Nos sorties (pas toujours spéléologiques pour varier les plaisirs et profiter du soleil ;-) :

Dimanche 02/08 : arrivée des premiers participants au gîte de La Baderque.

Lundi 03/08 : les premiers arrivants du camp d’été (Cécile, Florent & Bruno) furent invités par le CSA à découvrir le gouffre qu’ils sont en train d’explorer. Ce trou qui atteint aujourd’hui la cote de – 70 mètres, se situe à côté du puits de La Hajolle. Pour l’atteindre, une petite ascension est nécessaire depuis le parking de la Fontaine de l’Ours, situé après le hameau de La Baderque : celle-ci se fait d’abord en 4x4 (celui de Luc) sur la piste, puis à pied depuis la plaine de Paloumère, dite de l’hélicoptère, où se trouve la cabane-refuge de Roquepi, résidence secondaire du berger local, pour atteindre le trou prospecté, après avoir passé le Col des Passagers. Nos amis du SCP ont ainsi pu modestement contribuer à la désobstruction de ce trou en prêtant mains fortes au CSA. Petite anecdote : le sauvetage d’une salamandre eut lieu lors de cette désobstruction ;-)

Mardi 04/08 : sous l’impulsion de Philippe, nous partons tôt le matin (8h !!!) pour une très belle journée « rando » sous le soleil espagnol, dans le Val d’Aran. Philippe veut nous y faire découvrir les « mille et un » lacs du Parque Nacional d’Aigüestortes y Estany de Sant Maurici. Ce parc fait partie du Massif (granitique) des Encantats. Pour y aller, arrivés à Salardu, nous avons pris une petite route sur la droite en arrivant dans le village en direction du parking de Bahns de Tredos. Nous prenons alors des taxis navettes pour atteindre le départ de la randonnée, Crotze Colomers, en une dizaine de minutes, à fond sur la piste. Mais, attention, la dernière navette est à 18h30 ! Vers 10h40, la rando commence par une petite marche de 30 minutes jusqu’au barrage du lac de Major Colomers et le refuge du même nom. Nous nous engageons alors sur le Circuito largo de Colomers (donné pour 6h). Le long de ce circuit, nous admirons une multitude de jolis lacs aux couleurs plus ou moins sombres, plus ou moins bleutées : Lac long (nous piqueniquons d’ailleurs sur son île et pour certains nous profitons d’une baignade rafraîchissante), Lac Obago, Lac de Podo, etc. Dans la chaleur parfois étouffante, nous observons des névés, sommes survolés par choucas, avons le vertige en regardant la cime du Gran Tuc de Colomers (2933m)... Au col le plus haut, juste après être passés devant ce sommet, nous nous arrêtons pour essayer d’apercevoir les marmottes dont nous entendons les sifflements, à l’aide de la longue vue de Patrick…mais, pas de chance, elles restent invisibles. Le retour vers le parking de Crotze Colomers se fait presqu’au pas de course, il ne faut pas rater les navettes. Ouf ! Nous sommes arrivés juste à temps, à 18h30. Nous serions bien restés plus longtemps dans ce coin paradisiaque… Pour plus d’infos, voir la fiche Sendèrs Val d’Aran sur le site http://www.torismearan.org

Mercredi 05/08 : départ vers 9h du gîte pour aller faire la traversée Grotte Louis – Bourusse pour toute l’équipe (nous sommes au complet, c’est-à-dire 10). On gare les voitures le long de la piste qui mène à Péne Blanque. Une petite marche d’approche de 20 minutes nous amène à l’entrée de la Grotte Louis. L’équipement de cette traversée est permanent, ce qui va faciliter notre exploration. Luc est notre guide. Les premiers spéléo rentrent sous terre vers 10h30, il est temps car il commence à faire chaud. Le début de l’exploration se compose de petits puits étroits, de petits morceaux de boyaux, de ressauts (on remonte, puis on redescend), ensuite nous arrivons dans une galerie comportant de jolis gours asséchés suivis d’un lac lui aussi asséché. Nous découvrons par la suite dans une petite galerie un regroupement de magnifiques « oursins » d’aragonite resplendissant de leur blancheur préservée. C’est l’heure du repas, nous nous regroupons dans une des grandes salles que nous traversons. La couleur de la roche est très variée - de la couleur crème du marbre à la couleur « chocolat noir » zébré d’ocre – et les formes sculptées jadis par l’eau sont parfois très lisses et arrondies : c’est très beau, même si nous ne voyons que peu de concrétions. Sur la fin de notre exploration, on remonte par une succession de petits puits parsemés de « mond milch » (une sorte de ciment blanc) qui se détache, ce n’est pas très stable. Nous sortons par le gouffre Bourusse, dont l’entrée est tapissée de feuilles de hêtre. Les derniers sortent vers 17h30. La descente ‘environ 45 minutes jusqu’à Arbas est difficile, car pentue et baignée de la chaleur orageuse. Heureusement, nous avons pu nous rafraîchir sous le tilleul de la place du village en sirotant tranquillement les boissons commandées au célèbre café d’Arbas tenu par Germain.

Jeudi 06/08 : matinée tranquille au gîte jusque vers 11h avant de monter jusqu’au gouffre en prospect, déjà visité lundi dernier. Nous nous lançons dans une opération de portage de matos (groupe électrogène, perforeuse et câble électrique). Opération réussie malgré le poids du matos et les nuages bas qui nous entourent d’un brouillard persistant. Le pique nique (suivi d’une sieste) était réussi également : au menu, viande grillée…humm !!!

Vendredi 07/08 : c’est un grand jour, nous allons tenter la « redoutable » traversée Henne Morte – gouffre des Commingeois. Nous sommes 8, car Isabelle doit se reposer et Pascale est repartie dans sa famille. Nous partons du parking de la Fontaine à l’ours. Après une rude approche de plus d’une heure sur du lapiaz arboré, nous arrivons enfin au gouffre de la Henne Morte. Dans la doline hébergeant ce gouffre, nous observons une jolie glacière à moitié cachée sous une couverture de feuilles. C’est Luc qui ouvre la marche vers 12h en équipant les rappels et Patrick ferme la marche en les déséquipant : ce sont des opérations qui nécessitent une bonne concentration, il ne faut pas se tromper de corde ! Le début de cette traversée est spectaculaire : nous enchaînons puits sur puits sur près de 400 mètres de descente, dans de grands volumes. Au fond du premier puits, nous croyons apercevoir de grandes chauves-souris…mais non !!! Ce sont des choucas qui y ont aménagé leurs nids dans le noir presque total !! Le puits de la Mort (P50) et le puits de la Tentation (P75 avec fractionnement au bout de 25m) sont impressionnants. Au pied du P50, nous voyons une corde sur la droite de la salle : elle permet d’accéder au gouffre du Pont de Gerbaud. Tout au long de la descente du P75, nous pouvons admirer une cascade bruyante. Pendant les périodes d’attente avant les puits, nous souffrons du froid humide : les conditions sont plus difficiles que lors de la traversée Grotte Louis-Bourusse. Nous nous regroupons alors dans la salle de la boue pour piqueniquer. La remontée vers le gouffre des Commingeois est moins humide, mais le réseau pourri que nous traversons, porte bien son nom. C’est un dédale de petites galeries où il faut parfois ramper, de méandres, de ressauts où il est très facile de se perdre. Au bout de près de 12h d’exploration, nous sentons un incroyable courant d’air : ça y est, nous approchons enfin de la sortie. Mais, attention, il ne faut pas se précipiter en sortant du gouffre en rampant, car la sortie donne sur une falaise !! Les derniers sortent vers 23h. La descente jusqu’aux voitures est fastidieuse (plus d’une heure) : nous sommes fatigués (mais tellement contents de notre traversée), il fait noir, le début ressemble à de l’accro-branche et le chemin est pentu et tortueux. De jour, cela doit être très beau.

Samedi 08/08 : repos pour tout le monde sauf pour Audrey et moi qui commençons notre stage équipement EFS. L’équipe nous rejoint sur le site d’entraînement, une carrière du côté d’Ausseing. Le récit de nos aventures pendant ce stage fera l’objet d’un autre article.

Dimanche 09/08 : sniff !!! C’est le départ de la quasi-totalité de l’équipe. Isabelle reste sur place pour profiter davantage de cette attachante région. Luc et Patrick lui tiendront compagnie.

Pour plus d’information, voir aussi le site du CSA, mis à jour par Philou : http://sites.google.com/site/speleoclubarbas/Home

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8/09 — Camp d’été spéléo d’Arbas, pays de l’ours (Pyrénées) — par rémy

La traversée semble magnifique. belle exploration Lire la suite »