La lettre du SCP - septembre 2017- n°357

Dimanche 24 septembre 2017, par Spéléoclubdeparis // La lettre

27eRENCONTRE D’OCTOBRE CHÂTEAUPONSAC (Haute-Vienne) 14-15 octobre 2017

La 27e RENCONTRE D’OCTOBRE, organisée par Claude Mouret, se déroulera dans l’accueillante ville de Châteauponsac, accessible par l’autoroute A20 : sortie à 35 km au nord de Limoges, puis 10 km à l’ouest sur la D711. Les réunions se tiendront dans la salle des fêtes de Châteauponsac, à la sortie ouest de la ville, sur la route de Rancon.

Hébergement : Comme d’habitude, chacun se chargera de trouver un logement sur place. La solution la plus simple est le logement au Camping de la Gartempe :campingdelagartempe@gmail.com ; 05 55 76 55 33

Thème privilégié Les cavités non karstiques Les plus longues grottes connues au monde se trouvent dans des calcaires et de très longues aussi existent dans des roches salines. Cependant, d’autres, très nombreuses, sont présentes dans une multitude de roches, sédimentaires comme les grès, métamorphiques comme les gneiss ou les quartzites, ignées hypogènes comme les granites, ou volcaniques comme les basaltes. La Rencontre d’octobre 2017 se propose de traiter ces sujets : grottes non karstiques ou artificielles remaniées par la nature, et d’examiner les processus à leur origine. Nous pensons que ce sujet vous intéressera pleinement, tant sont grandes la variété et l’originalité des grottes concernées. Cependant, comme à l’accoutumée, il sera parfaitement possible de traiter les sujets classiques du karst et des explorations en cours.

UN BRUIT DE TROMPETTES

Les trompettes de Chavenay sont de petites concrétions de calcite en forme de tubes évasés qui auraient été signalées pour la première fois en 1971 dans la carrière de Chavenay, située dans la Plaine de Versailles (Yvelines). Gilles Thomas s’est enquis de la traduction anglaise de cette concrétion si particulière, ce qui a déclenché un échange d’e-mails. Les lieux où on trouve ces petites concrétions sont en fait très nombreux. Gilles vient de visiter la carrière Spinelli, à Carrières-sur-Seine et il y a vu "des centaines d’endroits truffés de trompettes de Chavenay,jusque dans les coins les plus inaccessibles !"

Ces trompettes de Chavenay apparaissent quand l’eau remonte par capillarité du sol là où l’on a déchaulé les lampes acétylène. Cela explique la raison pour laquelle Carol Hill et Paolo Forti dans Cave Minerals of the world leur donnent le nom de carbidimites (carbide = carbure). La référence au carbure de calcium est en effet un élément admis par tous les auteurs. Jean-Paul Delacruz dans son excellent site Derelicta réfute néanmoins la théorie émise par Hill et Forti pour qui les carbidimites sont formées par "des bulles d’acétylène qui continuent de se dégager du déchaulage en entraînant de l’eau dont la calcite se dépose autour desdites bulles dans des cercles de plus en plus larges". Jean-Paul pense que "certaines carrières continuent de faire pousser des trompettes sur des substrats déjà suffisamment anciens pour que les dernières molécules d’acétylène se soient évaporées il y a belle lurette". À son avis, interviennent plus vraisemblablement les impuretés diverses du carbure de calcium, voire, dans certaines carrières, celles de "la chaux de stérilisation badigeonnée par les champignonnistes". Les trompettes de Chavenay conservent donc leurs secrets. Hill et Forti reportent qu’on trouve des carbidimites dans plusieurs grottes des États-Unis ainsi qu’au Mexique, au Venezuela et à Waitomo, en Nouvelle-Zélande. Dans un article en anglais sur des grottes du Brésil, on leur attribue le nom de carbidemites. Ces concrétions peuvent au fil du temps changer de forme et même mourir par dessication. Il est certain que l’abandon quasi total des lampes à carbure va à terme les faire disparaître. demander.

LE CONGRÈS DES ANTIPODES

L’Union internationale de spéléologie (UIS) organise tous les quatre ans un congrès auquel sont conviés les spéléologues des 57 pays adhérents. Une fois sur deux, le congrès a lieu en Europe, puis dans un pays non européen. C’est ainsi qu’en 2009 il eut lieu à Kerville, Texas, et celui de 2013 à Brno en République tchèque. Cette année c’est l’Australie qui a accueilli les spéléologues du 23 au 29 juillet à Sydney (ou plus précisément dans sa banlieue, à Penrith, à 50 km, dans le site de l’équipe de rugby locale, les Panthers !) . L’éloignement (une journée entière d’avion depuis l’Europe) en a réduit considérablement le nombre, en tout 462 participants de 46 pays dont deux grosses délégations, l’Australie évidemment et les États-Unis avec plus d’une centaine de personnes chacune. Les Français étaient au nombre de 9, dont Gaël Kaneko, président de la FFS. L’ancienne présidente Laurence Tanguille avait fait le voyage avec ses enfants. À noter la présence de nos amis le grand photographe Philippe Crochet et Annie Guiraud, Claude Mouret (avec son épouse), organisateur de notre prochaine Rencontre d’Octobre, et Bernard Chirol, président de la commission d’histoire de l’UIS, qui a été élu au bureau de l’UIS. Le Spéléo-club de Paris était représenté par Jacques Chabert, accompagné de Marie-Ange. L’Assemblée générale de l’UIS a accepté la proposition de la France d’organiser le 18e congrès international en 2021 à Lyon. Nous aurons l’occasion de parler de cet événement important pour l’image de la spéléologie française. Rappelons que le premier congrès international s’est déroulé à Paris en 1953, grâce à l’action de notre camarade Bernard Gèze, alors que l’UIS n’avait pas encore été fondée.

LE GOUFFRE DE LA PIERRE SAINT-MARTIN

Le livre de Tazieff à la portée de tous. L’ARSIP, l’Association pour la Recherche Spéléologique Internationale de la Pierre-Saint-Martin, propose, grâce au travail de Jacques Bon, en téléchargement libre sur son site, l’excellent livre de Haroun Tazieff, Le gouffre de la Pierre St-Martin. L’ouvrage, devenu un classique de la littérature spéléologique, a été reproduit avec l’autorisation gracieuse de France Tazieff, épouse du célèbre volcanologue décédé en 1998. À notre connaissance, Haroun Tazieff après cette dure expérience, ne pratiqua plus guère la spéléologie, ce qui ne l’empêchera pas de préfacer La Nièvre des grottes et des rivières souterraines de Claude Chabert et Alain Couturaud (1986).

LE TIMBRE DU MOIS

La grotte glacée de Dobšinská s’ouvre en Slovaquie, non loin de la ville minière de Dobšiná. Le volume de glace qu’elle contient a été estimé à 125 000 m3 pour une épaisseur pouvant dépasser les 26 mètres. La situation de l’entrée de la grotte, à 971 mètres d’altitude, en face nord, permet un refroidissement rapide en hiver et une protection contre le réchauffement en été, sa température moyenne étant ainsi voisine de 0°. La cavité a été "découverte" en 1870 par un ingénieur des mines, mais l’entrée était depuis des temps immémoriaux connue par les bergers et les chasseurs pour qui elle était le Studená diera, le "Trou froid ". La grotte fut ouverte au public un an plus tard et, en 1887, devint la première cavité européenne éclairée à l’électricité. Son développement est de l’orde de 1500 m dont 475 m sont accessibles aux vsiteurs. Depuis 2000 elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, faisant partie des 712 grottes du karst slovaque et du karst d’Aggtelek (Hongrie).


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