La Lettre du SCP n°340 - décembre 2015

Dimanche 29 novembre 2015, par Spéléoclubdeparis // La lettre

24e, 25e ET 26e RENCONTRES D’OCTOBRE

Les Actes de la 24e Rencontre d’Octobre, celle d’Azé, dont la rédaction avait été présentée lors de la rencontre suivante, celle du lac de Chalain dans le Jura, viennent d’être imprimés par les services du Conseil départemental de Saône-et-Loire. Ils devraient être expédiés aux participants prochainement, si ce n’est déjà fait. Depuis la création de cette manifestation, il est arrivé que quelques pages aient été imprimées en couleur, mais c’est la première fois que cette amélioration concerne la totalité de l’ouvrage. Il nous faut remercier le département de Saône-et-Loire et Lionel Barriquand, l’organisateur de la 24e édition, pour ces actes dans lesquels les illustrations – photos, cartes, graphiques – sont bien plus attrayantes.

Par ailleurs, notre ami Claude Mouret nous a montré à Chalain une revue de format A4 entièrement en couleur qu’il a fait réaliser par un imprimeur du centre de la France pour un coût très proche des impressions en noir chez les photocopieurs parisiens, voire inférieur. Nous ferons donc notre possible pour que les Actes de la 25e Rencontre soient eux aussi en couleur. Les Rencontres d’Octobre poursuivent leur bonhomme de chemin. La 26e sera organisée par Yann Callot, un ancien membre de notre club, professeur de géomorphologie à l’université Lyon II. Elle se tiendra les 8 et 9 octobre 2016 dans la commanderie des templiers de Jalès, sur la commune de Berrias et Casteljau (Ardèche). Les géologues connaissent bien le lieu pour le Berriasien, le premier étage stratigraphique du Crétacé inférieur (entre 145 et 139,8 millions d’années) avant le Valanginien. Le thème de cette rencontre, proposé à l’origine par Didier Cailhol et accepté par tous les spéléologues consultés, sera : “ Le temps des grottes, temps de la géologie et des hommes ”.

LES ANCIENS... ET APRÈS

Suite à un message adressé par la présidente de notre club Jasmine Teyssier à notre ami Bernard Le Bihan, du Spéléo-club de Dijon, celui-ci est allé voir le site du puits des Enseinges (ou des Anciens), où pendant de nombreuses années notre club a poursuivi une longue désobstruction. La Lettre a régulièrement suivi la progression qui nous a amenés à presque 30 m de profondeur dans ce puits naturel creusé dans le comblanchien sans atteindre aucune galerie libre, ni même le fameux courant d’air d’Eynard qui semble s’être essoufflé sans jamais avoir donné signe de vie. Les propriétaires du bois des Enseinges, un lieu où se pratique activement la chasse et où une coupe de bois a été effectuée récemment, nous en refusent l’accès depuis le mois de mai 2015. Pour le moment aucune reprise de nos activités souterraines ne peut être envisagée sur le site. Les deux entrées de la cavité, le puits artificiel de surface et l’accès original, par où passaient la ligne électrique alimentant le fond et la gaîne d’aération, ont été bouchés par des branchages. Les tôles, le grillage, le portique du treuil ont été enlevés, soit par nous, soit par les propriétaires et bouchés par des branchages. Mais le trou est toujours là. “ Par contre les miradors guettent les intrus, ” commente Bernard... qui ajoute que d’autres désobstructions dans la région dijonnaise pourraient être entreprises. Cette proposition mérite d’être étudiée de plus près, ce qui devrait dans les semaines à venir nous donner l’occasion de retrouver la Bourgogne.

LE MOT DU “ PRINCE-CONSORT ” (Spélaïon, alias Daniel Teyssier)

Adressé aux nouveaux et pourquoi pas aux autres.

Le dimanche 15 novembre 2015 a eu lieu, au viaduc de Bures-sur-Yvette, une initiation - entraînement spéléo qui a rassemblé une douzaine de personnes, dont des membres du Spéléo-club de Paris. C’était piloté par le valeureux Thomas Lecoq, président du CDS 75 et animé par le non moins valeureux Jacques Beilin, responsable du matériel du Spéléo-club de Paris et moniteur de spéléo, diplômé par la Fédération française du même métal. L’infatigable Thomas compte récidiver dans le massif du Jura les 28 et 29 novembre. Ce sera ouvert à tous, débutants ou confirmés. N’hésitez pas à contacter l’animal au 01 43 74 71 13 ou 06 14 03 08 55. (homas_lecoq@aliceadsl.fr) Les vœux de la présidente du SCP, Jasmine, et ceux du prince-consort vous accompagnent, mais leurs multiples obligations mondaines ne leur permettent pas encore de se joindre physiquement à vous pour le moment. Si vous vous souciez de leur santé, lisez-donc Gala ou Aspects de la France.

PS. À l’attention des nouveaux :

SCP = Spéléo-club de Paris (fondé en 1936).

CDS = Comité départemental de spéléologie. Le CDS 75 est le comité départemental de spéléologie de la ville de Paris (intra muros).

CSR = Comité de spéléologie régional. CSR Région "A" = Comité de spéléologie d’Île-de France, plus fréquemment connu sous l’acronyme

COSIF. Je n’ai jamais compris pourquoi, quand on a créé ces structures imposées par Jeunesse & Sports (à la fin des années 60), on n’a pas plutôt opté pour "CRS".

FFS = Fédération française de spéléologie, fondée en 1963 par la fusion des deux structures alors existantes.

FFCAM = Fédération française des Clubs alpins et de Montagne. C’est l’ancien Club Alpin Français (ce qui lui allait beaucoup mieux). Le Spéléo-club de Paris est en fait le Groupe spéléologique du Club alpin français d’Île-de-France (Ouf !), qui nous héberge en son palais souterrain de la rue Boissonade, et où ledit SCP se trouve légalement domicilié (ainsi que le CDS 75 et le COSIF). Notre ascendance est donc bicéphale, vu que nous relevons à la fois de la FFS et de la FFCAM. Ce bicéphalisme oblige le président, le secrétaire et le trésorier du SCP à payer deux cotisations fédérales (ce qui peut se comprendre ; on peut être fidèle à sa femme et à sa maîtresse), mais aussi deux assurances tout aussi fédérales, ce qui est beaucoup plus discutable, l’une des deux ne servant strictement à rien.

LASCO 2

Lors de sa brillante présentation sur le dioxyde de carbone, à la dernière Rencontre d’Octobre, Baudouin Lismonde nous a fait part des recherches sur Lascaux où la présence de CO2 s’expliquerait par l’existence d’un grand vide karstique de plusieurs milliers de m3 sous la grotte. On peut penser que cette grosse cavité qui pourrait être constituée d’une grande salle ou de diaclases multiples ne sera pas explorée de si tôt, car elle n’a vraisemblablement jamais eu d’accès ouvert aux hommes et n’intéresserait donc pas les préhistoriens. Par ailleurs les explorateurs seraient tenus de prendre des précautions extrêmes pour ne pas causer la moindre perturbation dans la grotte préhistorique.

LE TIMBRE DU MOIS

La grotte Émile Racovitza – du nom du célèbre biologiste roumain – est la plus grande cavité de Moldavie avec un peu plus de 91 km de développement. Sur le site de Bob Gulden qui donne la liste des plus longues grottes du monde, elle apparaît à la 25e place (le réseau Trombe, la plus longue cavité de France, est 21e avec 105,767 km). Cette grotte creusée dans le gypse se situe à l’extrême nord-ouest du pays, près de la frontière ukrainienne (Gulden mentionne son appartenance aux deux pays). Découverte en 1959 à la suite d’une explosion d’exploitation dans la carrière de gypse du lieu, elle a alors été baptisée Cendrillon (en moldave Cenusareasa, en russe Zolushka), en raison des dépôts éoliens de fine argile poussiéreuse sur le sol et les parois. Les spéléologues, qui n’y ont eu accès qu’à partir de 1977 (elle a été ouverte au public l’année suivante), ont exploré des galeries labyrinthiques étagées sur 3 à 4 niveaux et formant par endroits de grandes salles. L’exploration s’y poursuit de nos jours. À certaines bifurcations, les spéléologues ont balisé les lieux avec des sculptures d’art moderne qui ont ainsi donné le nom aux galeries du Dragon, du Nain de jardin, de la Vénus callipyge... La hauteur de la salle représentée sur le timbre (2012) est de 7 à 8 mètres. Statistiques timbrées : La Moldavie est le 123e pays dont au moins un timbre a affranchi la Lettre du Spéléo-club de Paris qui entame ainsi sa 35e année d’existence. Les pays les plus représentés sont la France (49 timbres), la Roumanie (14), l’Espagne (11), le Liban et la Slovénie (10).