Pas tout à fait de la spéléo, quoique... (1)

Un sac à corde pour l’alpinisme... et l’encadrement spéléo en falaise

Dimanche 22 novembre 2015, par Jacques Beilin // Techniques

Page web et document pdf diffusés en licence CC-BY-NC-ND.

Préambule

Le sac à corde décrit plus bas a été développé pour l’utilisation en rappel en alpinisme ou cascade de glace. De fait je l’utilise aussi lors des entraînements à la progression sur corde pour la spéléologie réalisés en falaise. Il permet en particulier de stocker la corde d’assistance.

Contexte

Quand on descend en rappel en montagne, il y a souvent un moment où on se retrouve face à un sac de nœuds, parfois au relais, parfois même en étant pendu au beau milieu de la descente. Au bout de quelques séquences de ce type on se dit qu’il serait bon de remédier au problème.

En général, les soucis commencent quand on lance la corde depuis le relais. Dans les parois très verticales, la corde arrive normalement en bas sans faire de nœuds. Dans les descentes moins verticales et/ou boisées — en cascade de glace par exemple — la corde finit bien souvent emmêlée dans les branches.

L’autre problème lorsqu’on descend en rappel est la présence — ou non — de nœuds aux bouts des deux brins. Un certain nombre d’accident (ou d’incidents) sont là pour nous montrer qu’il est réellement très dangereux des descendre sur une corde dépourvue de nœuds. Il suffit d’un élément perturbateur (corde mal équilibrée, météo...) pour qu’on soit suffisamment déconcentré pour oublier l’absence de nœuds et provoquer un accident avec bien souvent des conséquences graves voire fatales. Descendre en rappel sur des cordes sans nœuds au bout ne devrait plus faire partie des options envisageables. Cette remarque surprendra les spéléos, la présence du noeud en bout de corde étant non négociable dans notre activité. Malheureusement c’est loin d’être toujours le cas en alpinisme et en escalade. Je ne parle pas ici du canyon qui est un cas à part du fait du risque aquatique.

Une activité cousine de l’alpinisme — la spéléologie — a résolu ces deux problèmes en "enkittant" la corde en vrac dans un sac (un "kit bag", du nom des sacs des GI’s récupérés massivement pas les spéléos d’après-guerre) avant la descente. La corde se déploie alors toute seule au cours de la descente sans faire de nœuds. Le temps passé à "enkitter" est largement compensé par le temps qu’on gagne par le fait que la cordle e se déploie sans s’emmêler. On place systématiquement un nœud au bout pour être sur de s’arrêter si on va trop loin. Les kits spéléo sont de lourds sacs en toile PVC enduite.

Caractéristiques du sac

Pour que cette technique soit transposable à l’alpinisme il faut la modifier légèrement :

  • il faut 2 sacs, un par brin.
  • les sacs doivent être suffisamment légers pour pouvoir trouver leur place dans le sac de montagne

Quelques caractéristiques du sac :

  • il doit pouvoir contenir un brin de corde de rappel. Le patron décrit plus bas permet de stocker un brin de 60mx8.1mm.
  • il doit pouvoir être suspendu au harnais par un micro mousqueton.
  • l’ouverture du sac doit être rigide pour faciliter l’enkittage, d’où le tube caoutchouc qui maintient le sac ouvert.
  • il doit être utilisable y compris sur un relais inconfortable ou suspendu.
  • léger (environ 100g).
  • il doit être suffisamment résistant pour subir les frottement sur le rocher.
  • il doit être possible de contrôler à tout moment la présence du nœud en bout de corde.

Après quelques recherches sur la toile, je n’y ai trouvé que des sacs soit trop gros et lourds type spéléo, canyon ou travaux acrobatiques, soit du type sac-tapis à corde dédié à la falaise. A défaut de trouver un sac qui convienne, il est possible de le fabriquer soi-même sur une machine à coudre domestique avec un minimum de connaissances en couture...

Fabrication

La fabrication du sac est décrite dans le pdf téléchargeable sur cette page.


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