La Lettre du SCP n°334 - avril 2015

Samedi 11 avril 2015, par Spéléoclubdeparis // La lettre

RENCONTRES D’OCTOBRE

Les Rencontres d’Octobre vont bientôt passer le cap des 25 années d’existence. Actuellement la pérennité de la manifestation consiste à assurer la publication de la 24e Rencontre qui s’est tenue avec succès à Azé. Jean-Yves Bigot qui a toujours la responsabilité scientifique des rencontres, n’est plus en mesure de se charger de la rédaction et mise en page des actes, une mission qu’il a remplie avec talent et efficacité pendant plus de dix ans. Le relais a été pris par Jacques Chabert et Jean Taisne, comme ce fut le cas pour la 21e Rencontre, celle de St Robert en Corrèze. La 25e Rencontre d’Octobre se tiendra les 17 et 18 octobre 2015 à la Maison familiale Rurale du Jura sur le bord du lac de Chalain (commune de Doucier). Elle sera organisée par Rémy Limagneavec l’aide du Comité départemental de spéléologie du Jura (CDS 39) et du CSR. Les communications porteront toujours sur les explorations et recherches récentes en spéléologie physique et karstologie. Cette année le thème privilégié sera : Le CO2 sous terre, un sujet qui concerne tous les spéléos. La circulaire (unique) sera certainement disponible au mois de mai.

UN PRODUIT POUR VOIR EN PLEINE NUIT

Un groupe de chercheurs américains indépendants appelé Science for the Masses ("La science pour le peuple") vient de publier les résultats d’une étude sur un produit permettant d’améliorer la vision nocturne des hommes qui pourraient ainsi égaler dans ce domaine la performance des chats. Ce produit est à base de Chlorin e6, un composé de chlore que l’on trouve dans les yeux de certains poissons d’eau profonde et déjà utilisé pour traiter certains cancers. Ils y ont ajouté de l’insuline et du dimethlysulfoxide, un composé organosulfuré aux multiples usages. Puis, 50 microlitres de ce liquide ont été injectés dans les rétines d’un volontaire. Au bout d’une heure, l’homme aurait identifié dans le noir, avec un taux de réussite de 100 %, des objets et des personnes, à une distance allant jusqu’à 50 mètres. Ses collègues avec leur vision traditionnelle n’auraient atteint qu’un score de 33 %. L’effet du produit disparaîtrait après plusieurs heures. Il est vraisemblable que ces expériences sont suivies avec intérêt par les militaires. Peut-on imaginer améliorer de la sorte la vision des spéléologues et leur permettre de mieux voir dans l’obscurité des grottes ? On peut en douter car le noir des cavernes n’est pas celui de nos nuits d’hommes de surface, pénombre plus ou moins accentuée dans laquelle traînent toujours quelques photons... Dans l’obscurité totale des grottes, les animaux troglophiles, ceux qui logent sous terre et vont chercher leur nourriture à l’extérieur, utilisent des stratagèmes comme l’écholocation (les chauves-souris ou le guacharo) ou l’odorat (le Neotoma cinerea, le " rat-porteur " d’Amérique du Nord, par exemple). Quant aux troglobies, les animaux totalement inféodés au milieu souterrain obscur, ils perdent toute vision et sont anophtalmes (sans yeux) ou dotés d’un appareil oculaire très régressé.

LE REGARD DES ANTHROPOLOGUES SUR LES CATAPHILES

Trente-deux ans après La cité des cataphiles, ouvrage issu d’un mémoire d’anthropologie présenté par Barbara Glowczewski, une autre femme, Roxane Peirazeau*, a soutenu mardi, au Laboratoire d’anthropologie sociale, une thèse de doctorat intitulée "Clandestinité et patrimonialisation. Cartographie des idéaux et interactions cataphiles au sein des anciennes carrières de Paris.". Proclamant "avoir voulu donner la parole aux cataphiles", elle a obtenu la mention "très honorable, avec félicitations du jury". Décidément, comme l’a écrit Félix Guattari : "Si les catacombes n’existaient pas, il faudrait les inventer  !" (D. T.) * Roxane Peirazeau joue dans le court métrage de Cyrille Vaillant, La fille des carrières (à voir sur YouTube) NDLR.

LE TIMBRE DU MOIS

Ce timbre est paru comme " Tu Sello ", l’équivalent de " MonTimbraMoi " de la Poste, c’est-à-dire comme un timbre personnel émis par les postes espagnoles. Il présente l’un des plus beaux ensembles de la grotte Chauvet, le panneau des Chevaux. Nous citons ici les informations données sur son site par le Centre de recherche et d’études pour l’art préhistorique Emile Cartailhac (CREAP) : " Situé à 180 m de l’entrée actuelle, le panneau regroupe une vingtaine de figures noires, dessinées au fusain et rehaussées de gravures au silex. La chronologie du panneau peut être divisée en 9 étapes, depuis la paroi vierge, griffée par les ours (n 1), suivie par des gravures en hauteur partiellement effacées (n 2 et 3), des petits dessins noirs (n 4) et enfin les figures majeures mises en place par espèce (d’abord les rhinocéros affrontés en bas, puis les aurochs à gauche, enfin les quatre chevaux, en commençant par le haut) (n 5 à 9). Cette séquence gestuelle et différents détails techniques semblent indiquer que le panneau (au moins pour les phases 5 à 9) fut créé par un seul artiste (doc. C. Fritz et G. Tosello). "

DES PARKINGS DANS LES CATACOMBES

Une décision scandaleuse : Au début du mois nous avons appris qu’on avait décidé de transformer les Catacombes parisiennes en parking et cela malgré l’inestimable valeur patrimoniale de ce lieu, sans oublier le succès touristique qu’il connaît. Cette nouvelle a eu un fort retentissement dans le milieu cataphile. Quant au Spéléo-club de Paris qui, on s’en souvient, a participé à la défense de la carrière de Port-Mahon, il ne peut pas rester indifférent. La prochaine réunion du comité directeur du club se doit d’inscrire cette cause à son ordre du jour. Nous nous engageons à vous donner les résultats de notre action l’année prochaine à la date anniversaire de l’annonce de cette mesure indigne, c’est-à-dire le 1er avril 2016.