N°333 - mars 2015

Mercredi 25 mars 2015, par Spéléoclubdeparis // La lettre

LE SIPHON BLANC DE SAINT-CHRISTOL

Du 28 octobre au 2 novembre 2012, notre camarade Jacques Beilin a participé à Saint-Christol (Vaucluse) à un stage s’adressant aux spéléos désireux de se préparer au monitorat de l’École française de spéléologie de la FFS. Étaient au programme l’aven du Bourinet (Simiane), l’aven Jacky (classé parmi les “ installations ” par les sites locaux proposant des centres sportifs !), puis pour finir la première partie de l’aven d’Autrans à St-Christol jusqu’au siphon Blanc (environ -400 m). Ce gouffre comprend des ressauts proches de l’entrée difficiles à négocier surtout à la remontée, un méandre des Égyptiens (qu’on ne peut donc passer qu’“ à l’égyptienne ”), un puits de 103 m. Un genre de stage à recommander à ceux qui veulent améliorer leurs techniques de progression sans négliger la sécurité. Jacques a rédigé un compte rendu plus étoffé sur le site du club. Depuis, Jacques Beilin a obtenu le titre de moniteur. Nous aurons l’occasion de donner quelques précisions sur le sujet.

LES ÉCRIVAINS DES CATACOMBES À L’HONNEUR

De la confusion entre les carrières souterraines et les ossuaires de la Ville-lumière est née une fascination pour ce monde obscur non seulement dans le grand public, mais également au sein de la gent écrivaine. C’est là un aspect bien souvent inédit que nous propose notre ami Gilles Thomas avec ses Promenades littéraires dans les catacombes. Et ce ne sont pas des rencontres anonymes qu’il nous offre dans cette “ littérature du sous-sol ” : Balzac, Alexandre Dumas, Gérard de Nerval, Victor Hugo, Émile Zola, George Sand, Eugène Sue, Pierre Souvestre et Marcel Allain (les coauteurs de Fantômas), Gaston Leroux et bien d’autres. Se suivent anecdotes et personnages attachants – tel le commandant Jean-Claude Saratte, le premier “ cataflic ” de France. Un livre que nous dévorerons, nous n’en doutons pas, dès sa sortie prévue incessamment. Gilles Thomas. Les Catacombes. Histoire du Paris souterrain. Promenades littéraires dans les catacombes, éditions Le Passage / diffusion le Seuil.

LES CRYPTES

La crypte par son étymologie désigne un lieu perçu comme caché, mystérieux. Elle fait partie de l’imaginaire du monde médiéval (ive-xiie siècles). Christian Sapin, archéologue, historien de l’art, directeur de recherche au CRNS, propose d’en présenter une approche architecturale, artistique et historique basée sur l’étude de près de 400 cryptes en France Mercredi 15 avril 2015 à 18 h 30 - entrée libre, sans réservation au Musée de Cluny.

FLOYD COLLINS

Jean-Paul Delacruz nous rappelle qu’au cours du mois dernier nous aurions dû célébrer le nonantième anniversaire du décès de Floyd Collins, mort dans Sand Cave (Kentucky) le 13 février 1925. Nous aurons peut-être l’occasion de reparler de cet accident qui demeure une des tragédies spéléologiques les plus médiatisées qui furent jamais.

JOURNÉE SCIENCES & EXPLORATIONS

Le samedi 14 mars s’est tenu à Paris, rue Eugène Oudiné, la désormais traditionnelle Journée Sciences et Explorations du Comité spéléologique d’Île-de-France (CoSIF). Programme de qualité concocté par Pascale Vivancos et Gaël Monvoisin avec Arnaud Garlan (Habitat troglodytique de la Cappadoce), Philippe Brunet (Karst de Lifou), Jean-Baptiste Dilly (Laos), Yann Montelle (Grotte Chauvet), Vincent Schneider (étude des niveaux d’eau de la Combe aux prêtres), Bruno Lonchampt (Picos de Europa) et une sélection de vidéos de Spélimages de Courthézon présentées par Michel Luquet. Il n’est pas impossible que nous retrouvions certains de ces exposés au cours de nos réunions du mardi...

DU NOUVEAU SUR LE SITE DU CLUB

A la suite de notre assemblée générale, Jacques Beilin a pris la charge de webmestre que ne pouvait plus assurer Nicolas Gibelin. Nicolas assurera cependant la maintenance "lourde" du site (hébergement, nouvelles versions de spip, squelette...). Le site Internet de notre club a retrouvé son attractivité. Les membres du club peuvent apporter leur contribution par l’annonce de leurs activités ou par leurs comptes rendus en écrivant à Jacques Beilin.

PROCHAINS STAGES DU COSIF

  • 21-22 mars 2015 : Formation aux techniques de secours 2 (FTS 2) organisé par la commission secours du CoSIF : Contact : Fabien Fécheroulle : fabienf@neuf.fr.
  • 21-22 mars 2015 : Stage Photo Spéléo organisé par le CDS 78, dans le Lot (46). Contact : CDS 78 : cdsc78@wanadoo.fr.
  • 29 mars + 11-12 avril 2015 : Utilisation des descendeurs en canyon et initiation au canyoning, organisé par le CDS 78, en salle à St Arnoult en Yvelines puis dans le Jura (39). Contact : Marc Boureau, marc.boureau@free.fr.
  • 4 au 6 avril 2015 : Perfectionnement à l’équipement, préparation aux tests techniques de l’initiateur et du moniteur organisé en commun par les CDS 91 et 93. Contact : Thomas Gaslonde, thomas.gaslonde@wanadoo.fr.

LES TUNNELS DE CERBÈRE

Avec Jean Truel nous voilà de nouveau en Turquie, dans la grotte de Kocain que nous avons explorée avec lui en compagnie, entre autres, de Yann Callot dont une photo de la vaste cavité fut publiée en couverture de Spelunca. La peinture se trouve dans le “ tunnel des grottes du monde ”, un des deux tunnels artificiels de Cerbère, à quelques pas de la frontière espagnole et de la mer Méditerranée, dans lesquels Jean Truel, “ le peintre des gouffres ” poursuit son travail de “ sédimentation culturelle ”. Il y “ relie le chaos de la nature sauvage des grottes, lieu des origines de l’art, pour résurger dans l’espace urbain des grafs et des tags. ”

LE TIMBRE DU MOIS

La cité souterraine de Naours [les habitants du village, les Noriens et les Noriennes, prononcent le nom de leur village “ Nor ”.] est située à 14 km au nord d’Amiens (Somme). C’est un long réseau de galeries et de salles creusées dès le xive siècle comme refuges. Pour se protéger des invasions et des guerres que connut la région pendant des siècles, près de 650 personnes pouvaient se réfugier avec leur bétail dans les quelque 130 pièces à une profondeur moyenne de 33 mètres sous la colline. Totalement abandonnées au début du xixe, elles furent redécouvertes par l’abbé Danicourt qui les réaménagea, y construisit notamment une chapelle et y mena des recherches. Pendant les deux guerres mondiales, ces muches (cachettes en picard) servirent aux belligérants d’hôpital ou d’entrepôts de munitions. En 1949, les “ grottes ” de Naours furent rouvertes au public. On peut leur préférer les muches de Domqueur, moins étendues, mais plus authentiques.