Module 0 à Saint Christol

Samedi 11 avril 2015, par Jacques Beilin // Sorties

De retour du stage module 0, un petit compte-rendu s’impose. Curieuse appellation que ce module zéro. A part en informatique, on commence en général à compter à partir de 1... Bon en fait, comme en théorie il prépare au module 1 du monitorat, il y a une certaine logique. À part ça son autre nom est "perfectionnement en cavité de classe IV". Du coup on y trouve un public assez varié avec des attentes diverses ce qui est toujours source d’une grande richesse. En gros, on est tous là pour faire de la spéléo, en essayant de remettre en cause ses pratiques pour s’améliorer. Même si le stage n’est pas diplômant, la motivation est très présente chez les stagiaires.

Ce stage s’est déroulé du 28 octobre au 2 novembre à Saint Christol, en parallèle d’un module 3 et d’un stage perf.

L’encadrement était de haut vol : plusieurs BE, un instructeur, des moniteurs, tous toujours prêts à répondre à nos questions.

Le premier jour, direction la falaise histoire de tester notre niveau. Chacun doit équiper une ligne. Ça permet à tout le monde de se caler, de poser des questions. L’après-midi, quelques dégagements d’équipiers (bas vers le bas), conversions, passages de noeuds...

Le lendemain départ sous terre. Je suis en binôme avec Lilian pour aller au fond du Bourrinet, cavité verticale assez étroite et technique à équiper : AN, AF, As, dynnema, coinceurs... Jusqu’ici j’avais toujours réussi à éviter cette cavité mais dans le cadre de ce stage, son exploration prend tout son sens... Conférence technique en soirée et debrieffing de la journée.

Mardi direction l’aven Jacky. Après un épikarst un peu pénible à traverser comme souvent dans le Vaucluse, on arrive sur un très beau puits. Pour ces 2 explorations, pendant qu’un stagiaire équipe devant, l’autre peaufine l’équipement derrière, avec parfois des petits challenges imposés du genre "peux-tu rééquiper ce fractio sans mousqueton et avec un noeud à une seule ganse ?"... De quoi cogiter un peu... Lorsqu’on a un peu de temps, dégagements d’équipiers, passage de noeud avec une victime... Le soir conférence sur les amarrages : naturel/artificiels, permanents/temporaires, expansion/scellement...

Mercredi, temps gris sur le plateau. Pas de chance, il faut retourner en falaise. Au menu des ateliers : pose d’amarrages permanents -broches et gougeons-, palan et frein de charge, dégagements d’équipiers chronométrés, passages de fractios et de noeuds avec une victime, balancier espagnol, balancier sur corde d’intervention, dégagement d’une victime sur main-courante. Les derniers ateliers on lieu sous une pluie bien froide. Retour à l’ASPA et préparation des kits pour la grosse sortie du jeudi. Les stagiaires sont divisés en 3 groupes avec le renfort de 2 BE stagiaires : un groupe doit aller au fond du Joly, le 2ème à -320 dans le Caladaïre et le 3ème au siphon blanc à -400 dans l’aven Autrans. Je suis dans ce groupe avec Mélissa et Yann (BE stagiaire). PB Laussac et Jonathan Dorez nous encadrent.

Jeudi matin départ pour Autrans à 8h30. Sortie prévu au plus tôt vers 22h. Comme il a plu la vieille, il faut un peu pousser le camion de Melissa, le tout au milieu d’une discussion sur les systèmes de coordonnées en usage en France. Les 16 ressauts jusqu’à -110 sont équipés en fixe. Les descendeurs chauffent. Tout le monde se laisse glisser au plus vite, non sans avoir un pensée pour les têtes de puits qui seront sans doute moins simple à franchir au retour dans quelques heures... les connaisseurs d’Autrans comprendront. Après quelques galeries confortables, commence alors un méandre d’environ 800m, dit "à l’égyptienne". Pour simplifier l’affaire le méandre est entrecoupé de ressauts où on peut se laisser glisser à la descente. Pour le retour la glissade marche moins bien. Au bout de 800m, un panneau "attention" dessiné à la suie indique l’arrivée sur le P103. Mieux vaut éviter de rater la marche... Melissa en équipe les 2/3. Je termine le bas. Rien que ce puits justifie une visite à Autrans. Un beau calcaire avec des blocs de silex gros comme des machines à laver... En bas du puits une courte escalade donne accès à un méandre où la salle dite de la bulle permet de se restaurer. Au bout du méandre se trouve un joli P40. Petit jeux imposé par PB : "tu as 2min chrono pour équiper -correctement- chaque fractio". A reproduire sous terre ou en falaise pour apprendre à optimiser l’équipement. En bas on atteint une galerie qui débouche au pied d’une salle remontante. Une corde fixe à gauche permet d’accéder à une lucarne qui mêne au siphon blanc. Pause photo sur la plage au bord du siphon. Tout le monde fait un peu le clown en se disant que c’est toujours ça de pris avant la remontée. Un mars et ça repart... P103 suivi du méandre finalement assez confortable. Le plus désagréable est en fait la série de ressaut au dessus de -110. Sortie vers 22h30. Gîte à 23h. Les autres équipes arrivent peu après.

Le lendemain, dernier jour du stage, nettoyage et debrieffing.

En résumé un stage passionnant à conseiller à tout spéléo désireux d’améliorer sa technique.