12 rue Boissonade

Grottes et karsts de la chine du sud-ouest à l’épreuve du temps

Mardi 27 mars à 19 heures 30

Samedi 10 mars 2012, par Spéléoclubdeparis // Conférences

Nous aurons le plaisir de recevoir Nathalie Vanara.

Le choix de la Chine du Sud-Ouest comme terrain d’étude n’est pas le fruit du hasard. Épais substrat calcaire, pentes fortes, climat agressif, civilisation plurimillénaire et populations nombreuses sont les ingrédients qui font de cette zone d’extension subcontinentale un cas d’école pour l’étude des archives karstiques ayant enregistré ou enregistrant les modifications des milieux imputables à l’homme et à ses activités.

Le temps des sociétés s’étale des premières civilisations à l’époque contemporaine. La période couverte est donc celle de l’Holocène (11 000 dernières années), soit à peine 1/250 de l’ère quaternaire. Quant au temps géomorphologique des paysages, il s’intéresse à l’évolution géologique « récente », pendant la période plio-quaternaire (soit un laps de temps de 5 à 6 millions d’années). Les paysages obéissent aux lois de l’érosion en fonction de la tectonique de surrection et de la variation relative du niveau de base. Dans les karsts de la Chine du Sud-Ouest, cette période correspond à la dernière grande phase de surrection himalayenne, à mi-chemin entre le temps court des sociétés et le temps long géologique, celui des paysages disparus, pénéplanés des anciens cycles d’édification des reliefs. Dans notre zone d’étude, cette ancienne surface karstique d’époque tertiaire est matérialisée aujourd’hui par la ligne discontinue passant au sommet des cônes et pitons karstiques. Elle est jalonnée de grandes cavités éventrées (tiankengs) au sommet des montagnes et de hublots géants ouverts sur le ciel (tianshenqiaos) perchés au sommet des cônes.

Notre amie Nathalie Vanara est géographe-karstologue (et spéléologue). Maître de conférences à l’Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, elle a récemment obtenu son habilitation à diriger des recherches. Elle travaille également au Laboratoire de géographie physique de Meudon-Bellevue Paris - UMR 8591. Elle est notamment connue pour ses recherches sur le massif karstique pyrénéen des Arbailles, ce qui l’a amené à visiter le gouffre d’Aphanicé (-504m) et donc à étudier le puits des Pirates, la plus grande verticale souterraine de France avec ses 328 m.