La lettre du Spéléo-Club de Paris

N°274 - Avril 2009

Mercredi 1er avril 2009, par Spéléoclubdeparis // La lettre

La vocation de la spéléologie, c’est l’exploration - 2/3

Comprendre la formation de la grotte, et ses rapports avec son environnement, est la clé de l’exploration. La spéléologie est donc bien * la science des cavernes +. Dans le monde, cinq mille articles lui sont consacrés chaque année, dans des publications parfois prestigieuses, mais des observations irremplaçables se trouvent aussi dans les plus modestes.

Cette exploration discrète, dans un milieu agressif, n’apporte guère de prestige. Ses résultats peuvent étonner : des gouffres dont la profondeur dépasse largement le kilomètre, des grottes où l’on connaît des centaines de kilomètres de galeries, le point bas de la fontaine de Vaucluse qui, atteint par un engin téléguidé, indique 224 mètres plus bas que le niveau de la Méditerranée ! À cette contribution à la connaissance de notre planète s’ajoutent d’autres retombées.

Certaines concernent les sciences de la vie. Ce que nous savons des hommes de la préhistoire résulte pour une bonne part de découvertes faites dans les grottes, souvent par des spéléologues. Cependant des animaux dont l’espèce est éteinte ont pénétré dans les grottes ; et celles-ci sont le refuge de chauves-souris, comme d’animaux qui vivent uniquement dans les grottes et s’y reproduisent.

à suivre

Nettoyage de printemps dans les carrières souterraines de savonnières-en-perthois

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Une équipe de patrouilleurs motorisés effectuait les ramassages, chevauchant un quad attelé d’une remorque Photo Denise Arnu

Les carrières de Savonnières-en-Perthois, près de SaintDizier, dans la Meuse, sont un terrain de jeu bien connu des spéléos franciliens. Chaque année, depuis 2006, la Ligue spéléologique de Lorraine organise un nettoyage de ces kilomètres de galeries. Cette année, l’opération des 21 et 22 mars, dirigée avec efficacité par notre ami Daniel Prévot, a pris la forme d’un nettoyage des champignonnières abandonnées depuis peu. La commune envisage d’utiliser ces espaces souterrains libérés, où les spéléologues n’avaient pas droit d’accès en raison des risques sanitaires courus par les champignons, pour des activités de loisir. Le travail de la soixantaine de spéléos qui s’étaient donnés rendez-vous a surtout consisté à ramasser quelque 35 m3 de débris divers laissés par les champignonnistes après leur départ. Cette année un effort particulier fut porté à toute la zone nord de la carrière, dite du Pâquis. D’autres séances pour poursuivre le travail sont prévues. Un grand merci à la municipalité qui se chargera d’ôter l’énorme tas de détritus, ainsi qu’à la population de Savonnières qui fait toujours un bon accueil aux spéléos.

Le samedi soir, à la Maison lorraine de la spéléologie de Lisle-en-Rigaut, on a fêté les dix ans d’existence de cet établissement toujours accueillant pour nous. Le maire de la commune s’est félicité du succès remporté auprès des spéléos et les a remerciés pour le respect des lieux, en parfait état.

Participants du Spéléo-club de Paris : Jacques Chabert, Arnaud Guyot, accompagné de Karine et Aymeric, Dominique Lavaur, Daniel et Jasmine Teyssier.

Lucette mallet-dufour

l’information n’avait pas été transmise en son heure dans la Lettre du Spéléo-club de Paris, mais mieux vaut tard que jamais. Lucette Mallet-Dufour nous a quittés le 21 septembre 2007 dans sa 80e année. A la mort de son mari, le docteur Dufour, elle était devenue membre d’honneur de notre club et, à ce titre, recevait les publications du club que, d’après une lettre qu’elle nous avait envoyée bien des années plus tard, elle lisait avec intérêt. Cette triste nouvelle nous donne l’occasion de rappeler le souvenir d’Yves-Henri Dufour, qui, comme plongeur, participait aux explorations que notre club menait dans le massif d’Arbas (Haute-Garonne). Lors d’une plongée dans le Goueil-di-Her, la résurgence du réseau Trombe, la plus longue grotte de France, il fut victime d’une hydrocution, un phénomène alors mal connu et qu’il étudiait. C’était le 20 avril 1957. Il avait 32 ans.

Au nord du maroc

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Prospection dans la vallée d’Akchour (près de Chefchaouen), le 11 mars 2009. Photo Laurent Delfour

Laurent Delfour nous a écrit du Maroc où, vraisemblablement, il restera jusqu’en juillet 2010. Après l’opération Win Timdouine en août 2008, il a participé quelques jours plus tard à l’expédition du Spéléo-club de Blois dans le massif du Rif, région montagneuse du nord du Maroc. La région de Chaouène est prospectée par ce club depuis 1970 où, sous la conduite de Michel Chassier, il a exploré le gouffre du Toghobeit jusqu’à -722 m.

Laurent a déjà commencé à faire quelques repérages dans cette zone riche en cavités qu’il nous propose de découvrir. Et plus si affinités. "Un truc très sympa, très original et à moindre coût." Nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

Le timbre du mois

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La grotte de Mangapwani, présentée succinctement ("Cave") sur ce timbre de 2007, est située dans l’île de Zanzibar, à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale et à deux kilomètres de la côte. C’est une ancienne prison à esclaves aménagée dans une cavité corallienne. Les négriers trafiquant notamment avec Oman s’en servirent de cachette au 19e siècle... surtout après l’abolition de l’esclavage dans l’île en 1873. Cette grotte a été présentée sur un timbre de l’Etat de Zanzibar en 1963 (voir Lettre n°18, octobre 1983).