La lettre du Spéléo-Club de Paris

N°273 - Mars 2009

Dimanche 1er mars 2009, par Spéléoclubdeparis // La lettre

La vocation de la spéléologie, c’est l’exploration - 1/3

Lorsque le spéléologue dépasse le terminus de ses prédécesseurs, par escalade, en s’insinuant dans une étroiture, en franchissant un plan d’eau ou en passant un siphon, il ignore ce qu’il va trouver dans quelques mètres. Et si, l’obstacle franchi, il a la chance de découvrir de vastes passages, il ignore totalement dans quelle direction cela va le mener. Pourtant, il aimerait le savoir !

PNG - 55 ko

Car l’explorateur a un objectif : il souhaite aller plus bas dans ce gouffre qui se termine bêtement par un puits dont le fond est totalement bouché, il voudrait retrouver la rivière souterraine qui s’infiltre dans un laminoir trop étroit, il aimerait assurer la jonction entre deux cavités actuellement indépendantes... Pour décider où attaquer, il doit se faire une image de cet objet en trois dimensions qu’est la cavité souterraine ; car elle ne s’est pas creusée au hasard et son organisation, parfois complexe, obéit à des règles. D’où le souci qu’a toujours eu le spéléologue de dresser la topographie de ce qu’il venait de découvrir. Il a maintenant conçu des logiciels spécialisés. Dans la même région se trouvent d’autres cavités, qui appartiennent peut-être au même creusement. Mais les spéléologues ont depuis longtemps compris que les chemins de l’eau souterraine, donc le creusement des grottes, sont liés à la géologie et non au relief de surface.

à suivre

Texte du Comité scientifique du Club alpin français paru sur le site du CAF, non signé, mais, à l’évidence écrit par Jacques Choppy, d’autant que c’est cette photo qui accompagne ces quelques lignes.

Grottes noyées d’hier et d’aujourd’hui

La 19e Rencontre d’octobre aura lieu les 10 et 11 octobre 2009 à Saint-Laurent-en-Royans (Drôme). Elle sera organisée par François Landry (alias Gampaloup). Sur proposition de Philippe Audra et Jean-Claude d’Antoni-Nobécourt, le thème de la rencontre sera : Les écoulements et les drains noyés. Le creusement des conduits noyés est toujours resté, depuis Martel, l’objet d’âpres discussions parmi les chercheurs. Cette rencontre s’adressant à des spéléologues, le sujet pourrait sembler réservé à ceux qui ont accès à ces zones, c’est-à-dire aux plongeurs, mais il n’en est rien, car il intègre évidemment les conduits anciennement noyés. Chacun pourra donc faire état des observations faites en grotte * sèche +, poser des questions aux spécialistes, voire proposer des modèles de creusement. Voilà qui annonce des débats qui devraient intéresser tous les spéléologues soucieux de mieux comprendre le milieu souterrain.

Rappelons qu’il y a bien longtemps, en 1982, le Spéléo-club de Paris, à l’initiative de Jacques Choppy, avait organisé à Tonnerre et Chablis un colloque sur un thème très proche, la plongée souterraine et les sciences spéléologiques.

L’"eau de vie" des stalactites japonaises

Sous la cascade sacrée de Kumano, au Japon, est célébré chaque année, depuis un millénaire, un "coït cosmique" qui assure fertilité et bonheur ; à Okinawa, dans une grotte interdite, les prêtresses shinto recueillent depuis sept siècles une précieuse "eau de vie" qui suinte de deux stalactites et garantie la récolte du riz. Le symbolisme sexuel du monde souterrain est affirmé avec force dans ces pratiques d’une autre civilisation.

On l’a pas lu, mais on en a entendu causer...

Jérôme Michaud-Larivière : L’Aven du Valat-Nègre, roman inspiré de l’expérience souterraine de Véronique-Borel-Le Guen, paru aux éditions Julliard dans un livre portant le titre d’un premier texte, Le Chant du braqueur.

Lumières sous la terre

JPEG - 18.2 ko
Exposition photographique PARIS SOUTERRAIN Photographies de Yannick Grain Textes de Gilles Thomas Du 9 au 15 mars - Mairie du XIVe arrondissement de Paris

Françoise Lidonne, présidente du Comité spéléologique d’Ile-de-France (COSIF), attire notre attention sur le beau site de "Grain d’Argent" (Yannick Grain) Rue des Lumieres qui présente, entre autres, le projet du musée souterrain de la commune de St Maximin, dans l’Oise, espace dédié au monde des carrières souterraines à travers trois circuits thématiques, la pierre, les champignonnières et les abris souterrains. Morkitu est un ensemble de services internet qui regroupe des sites sur le thème de l’exploration urbaine où le monde souterrain occupe une place importante avec de magnifiques photos.

Entendu au comptoir

"Pour faire de la spéléo pendant les vacances, faut pas beaucoup aimer les gonzesses en maillot !"

Jean-Marie Gourio, Brèves de comptoir, Robert Laffont, 2008

Le timbre du mois

JPEG - 33.1 ko

La source de la rivière Buna (Vrelo Bune) est une des plus grosses exsurgences karstiques d’Europe avec un débit estimé à 43 000 litres/seconde.

Les eaux sortent d’une magnifique falaise de quelque 200 m de haut. La source, située à Blagaj en Herzégovine, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de la belle ville de Mostar, est un lieu très apprécié des touristes.

Des plongeurs français de la FFESSM y poursuivent des recherches. Malheureusement l’un d’eux, Olivier André, y a trouvé la mort le 14 août 2008. Son corps a été retrouvé dans la zone profonde (-92 m) à quelque 3 ou 400 m de l’entrée.