La lettre du Spéléo-Club de Paris

N°299 - Novembre 2011

Jeudi 3 novembre 2011, par Spéléoclubdeparis // La lettre

Peine allégée

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Le procureur a condamné notre président aux travaux forcés comme nous le montre la photo ci-contre. En fait, la peine a été allégée car la tâche de désobstruction de l’igue du Procurayre est à présent facilitée grâce à ce wagonnet et ces rails qu’a fournis Dominique Lavaur à la vaillante équipe de dézobeurs (Terre et Eau & Co).

Le domptage de la bibliothèque

Laissons la parole à notre président qui nous parle “du fond de l’abîme scriptural” : “Notre prestigieuse bibliothèque est en train de quitter son pavillon de banlieue chez Élisabeth et Dominique Lavaur (où elle était peu consultée) pour être confiée aux bons soins de l’UFR Staps de la fac d’Orsay (Paris Sud ou Paris XI). Pour cela, il faut, au préalable, réaliser l’estampillage, mettre à jour le fichier informatique sous Excel et faire la mise en cartons. Un nouveau terme de jargon escépéen est apparu à cette occasion. Il s’agit du “domptage” et les controverses vont bon train : Doit-on prononcer le “p”, ou convient-il de se caler sur “comptage” ? [Le Grand Robert considère que la prononciation est semblable à celle de comptage, mais qualifie l’intervention du pt comme “courante” sans la considérer fautive. NDLR]. Ce “domptage” est une excellente occasion de prendre conscience de la richesse de ce fonds spéléologique surtout composé de revues obtenues par échange et de la nécessité de reprendre la publication de notre bulletin Grottes et Gouffres si l’on ne veut pas voir à terme se tarir ces échanges qui sont actuellement très inégaux. La convention qui nous lie à cette bibliothèque d’Orsay stipule notamment qu’outre les membres du Spéléo-club de Paris, ceux de la Fédération française de spéléologie y auront accès gratuitement. Nous donnerons des précisions y compris dans Spelunca et autres publications fédérales — lorsque nos collections auront été mises en place.

Un lucioléoptère s’invite chez les hélicoptères

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La lucioléo, cet abri cavernicole à trois pattes, est exposée depuis novembre et jusqu’au 11 mars à la Cité des Sciences et de l’Industrie, comme nous vous l’avions annoncé dans la Lettre d’octobre dernier. Mais son concepteur, Dominique Lavaur n’en revient pas : “Par un phénomène que je ne m’explique pas encore, la Cité des Sciences & de l’Industrie a sorti la lucioléo de l’exposition de l’Observeur du Design à laquelle elle était destinée, pour la placer à l’égal des hélicoptères au centre du hall d’entrée de la Cité. Mon petit cœur était mal préparé à pareille cimaise. La voilà exInsecte... posée au million sept cent mille visiteurs annuels de la Cité. Bel éloge du monde souterrain, comme l’indique le panonceau qui l’accompagne.” Certains visiteurs, paraît-il, examinent attentivement la bête pour y trouver le moteur. Vainement.

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Les rencontres d’octobre vues par claude mouret

une manifestation “irremplaçable”

Claude Mouret, organisateur de la 21e Rencontre d’Octobre à St-Robert, nous a fait part de son appréciation sur cette réunion annuelle initiée en 1991 par Jacques Choppy. JeanYves Bigot lui a brillamment succédé en assurant la tenue scientifique des réunions et la préparation des actes, le Spéléo-club de Paris se chargeant de leur édition et de leur distribution. “Les Rencontres d’octobre, nous a écrit Claude Mouret, doivent se poursuivre pour le bien de la spéléologie française et de la spéléologie en général. Cette manifestation est la principale dans notre pays où les spéléologues scientifiques venus de spécialités et d’horizons les plus divers et les explorateurs qui s’intéressent au rôle joué par les connaissances dans notre activité, peuvent se rencontrer, échanger très librement, publier leurs travaux en l’état. En 21 ans, les actes des Rencontres d’octobre représentent une masse considérable de données, de résultats [soit au total plus de 2.500 pages NDLR]. On peut dire sans exagérer que grâce aux Rencontres, des idées d’avant-garde se développent et prennent corps.”

Italie

Notre camarade José Leroy et Daniel Chailloux ont participé à Speleolessinia, une conférence internationale de spéléologie qui s’est tenue en Italie dans la commune de Negrar, à une quinzaine de kilomètres au nord de Vérone, du 28 octobre au 1er novembre. Ils y ont présenté en 3D les photos que Daniel a rapportées de Lechuguilla, la grotte du Nouveau-Mexique qu’il explore et topographie depuis longtemps. Cette caverne que beaucoup considèrent comme “la plus belle caverne du monde” est devenue maintenant l’une des plus longues avec plus de 209 kilomètres (actuellement la n° 7).

Le dragon de fontainebleau

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Cet extraordinaire rocher est un des joyaux cachés du massif de Fontainebleau. Il se trouve sur un terrain privé et donc inaccessible au public. Il faut plutôt nous réjouir de cette situation, car elle a permis de préserver cette étonnante sculpture naturelle. En effet la plupart des trésors fragiles de la forêt de Fontainebleau ont été irrémédiablement détruits (pour cela un seul vandale — ou groupe — au milieu de plusieurs millions de visiteurs respectueux suffit). Citons, pour rester dans le domaine souterrain, la grotte aux Cristaux ainsi que la grotte des Cavachelins, victime du vandalisme autoroutier. On pourrait aisément allonger la liste.

Thriller souterrain

On l’a pas lu mais on en a entendu causer

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Franck Thilliez Vertige, éditions Fleuve noir, 330 pages (sortie 24 novembre 2011).

Gilles Thomas nous a signalé ce 10e roman de Franck Thilliez, un écrivain spécialiste du polar. Un homme se réveille au fond d’un gouffre de haute montagne avec deux compagnons inconnus et un chien. Ils ignorent qui les a conduits là. “Huis-clos étouffant et glacial” inspiré par l’expérience de notre camarade Michel Siffre resté deux mois dans le gouffre du Scarasson en 1962.

Sac de nœuds en y

Voir Utilisation du nœud de chaise double

La Fédération française de spéléologie a attiré notre attention sur le danger que présente le nœud de chaise double quand on se longe dans une seule ganse de ce nœud réalisé avec un brin libre sans nœud d’arrêt. À la suite des tests menés par les professionnels des métiers de corde (voir la vidéo : efs.ffspeleo.fr/filmchaisedouble.wmv), il est apparu que, dans certaines conditions, un glissement de l’oreille peut aller jusqu’au défilement total de la corde et entraîner la chute du cordiste. Pour se prémunir de tout problème, il faut faire un nœud d’arrêt sur les nœuds de chaise double et se longer dans les deux oreilles. Ou — c’est certainement mieux — on peut utiliser un autre nœud en Y. a) Le Mickey, qui est un nœud très sûr, mais il n’est pas facile de s’y délonger et le réglage en est moins simple. b) Le nœud de fusion est un bon compromis puisqu’il permet de s’y longer en toute sécurité et de se délonger facilement. Selon son “inventeur”, Phil Bence, il est résistant et fiable, facile à défaire... et, réalisé à partir d’un simple nœud en huit, facile à apprendre (Explos.info/2011/11noeud-fusion/). Mais ce nœud de conception récente est encore peu connu. Il ne figure pas, par exemple, dans cet excellent site, noeuds-animes.com, où les nœuds, dont le Mickey, sont présentés par des vidéos très explicites.

Un sujet à suivre : vos appréciations sont les bienvenues.

Le timbre du mois

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Ne reculant devant aucun sacrifice pour ses chers lecteurs, la Lettre du Spéléo-club de Paris vous offre un Tunnel of Love. À dire la vérité, l’amour n’a pas grand-chose à faire dans tout cela. Le nom n’est dû qu’à la forme en cœur de l’entrée de cette petite cavité qui n’a guère qu’une centaine de mètres de développement. Elle s’ouvre à Aruba, une île des Antilles dépendant des Pays-Bas et située à une vingtaine de kilomètres de la côte vénézuélienne.