La lettre du Spéléo-Club de Paris

N°292 - Février 2011

Mardi 1er février 2011, par Spéléoclubdeparis // La lettre

Sur les tepuys du venezuela

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Notre camarade Gilles Caldor revient du Venezuela où il a consacré une semaine au Salto Angel, la plus haute chute d’eau du monde (970 mètres), où l’on accède en pirogue (3jours de navigation) au départ de Kavak (parc national de Canaima). Il a ensuite fait l’ascension du tepuy du Roraima (2700m) ; du haut de ce plateau on a une vision sur des rochers assez irréels. Gilles a pu aussi descendre, par des conduits détournés, dans une grotte aquatique creusée dans le quartzite (photo). Les tepuys sont entourés de falaises et on y accède soit en escalade, soit par des chemins parfois vertigineux. On y voit aussi des veines de cristaux, avec des quartzs par millions. Enfin, après une longue marche, il a atteint le "point triple", qui est l’endroit où les trois frontières se rejoignent : Venezuela, Guyana (tracé contesté) et Brésil.

L’opération solidarité éric establie

Le dimanche 3 octobre 2010 à 21 h 30, le Spéléo- Secours français (SSF) était averti de la disparition d’un plongeur, Éric Establie, parti à 9 h 30 pour une plongée de pointe dans la Dragonnière de Gaud (La Bastide-de-Virac, Ardèche). On connaît la suite : les plongées successives, l’émoi de la communauté spéléologique relayé, brièvement comme c’est la règle, par les médias, l’aide apportée par les plongeurs de haut niveau suisses, italiens, britanniques et la découverte du corps par ces derniers. Le 12 octobre, devant l’importance des risques à courir, le procureur de la République décidait d’arrêter toute tentative de récupération du corps par la Dragonnière. Pour autant les spéléos n’ont pas renoncé et le SSF, en partenariat avec la Fédération française de spéléologie, a organisé l’opération Solidarité Éric Establie (OSEE) et lancé un appel aux bonnes volontés et à la générosité de tous. Le message a été largement entendu puisque un total d’environ 60000 a été recueilli. Le principal objectif était l’exploration du puits de Ronze, une cavité pouvant éventuellement donner accès à l’amont de la rivière souterraine de la Dragonnière. L’entreprise a été un fait unique dans l’histoire de la spéléologie française (voire mondiale ?), car dès le 23 octobre, les spéléos venus d’une trentaine de départements –explorateurs, artificiers, plongeurs, techniciens divers...– se sont succédé sur place sept jours sur sept, dans des conditions météorologiques difficiles, froid glacial, pluies abondantes... En mettant en place un système complexe de pompage, de désobstruction, de ventilation, de communication, d’intendance, les spéléos ont exploré une succession de puits, découvert un premier siphon, difficilement désobstrué un S2. Et puis la grotte n’a rien voulu savoir : à la profondeur de -148 mètres, dans une dernière salle, les plongeurs se sont heurtés à un S3 infranchissable que des escalades n’ont pas permis de contourner. Le SSF a mis sur son site des comptes rendus quotidiens détaillés et passionnants qu’il faut lire (de préférence par ordre chronologique) pour se rendre compte de l’ampleur du travail accompli (11500 heures de travail bénévole réparties sur 62 jours en continu par 346 sauveteurs, selon les chiffres communiqués officiellement !). Puis, après une brève trêve de fin d’année, le 7 janvier 2011, Dominique Beau, président du SSF annonçait la fin de l’opération, au moins sur le site du puits de Ronze. Quelle suite peut être envisagée ? Nous l’ignorons.

Assemblées générales

Spéléo-club de Paris : Le 22 janvier s’est tenue au 12 rue Boissonade l’assemblée générale de notre club. Moment important, car il s’agissait de procéder à l’élection du comité directeur, une instance où se prennent les grandes orientations du club. Ensuite ledit comité s’est réuni pour élire en son sein le bureau. Eynard de Crécy, après quatre ans de bons et loyaux services effectués en deux mandats successifs, n’était plus rééligible au poste de président. Le nouveau bureau est ainsi constitué pour les deux ans à venir : Président : Daniel Teyssier (qui fut président de 2003 à 2006).Vice-présidents : Audrey Beauduc et Eynard de Crécy. Secrétaire générale : Sabrina Mazon. Secrétaire adjoint : Ivan Grenetier. Trésorière : Cécile Iribarnégaray. Trésorier adjoint : Florent Lauthier. Matériel : Jacques Beilin. Webmestre : Nicolas Gibelin. Bibliothécaire : Dominique Lavaur. Mémoires et Lettre du Spéléo-club de Paris : Jacques Chabert. Membres du comité directeur (outre les membres du bureau) : José Leroy, Guillaume Ley, Jasmine Teyssier, Pascale Vivancos.

Comité départemental de spéléologie de Paris : Le CDS 75, qui a été remis sur pied grâce à la ténacité de notre camarade Daniel Dairou*, s’est réuni le 20 janvier dans la Maison des associations du 14e arrondissement, rue Deparcieux, pour son assemblée générale. Daniel, qui ne se représentait pas, a laissé la place de président à Thomas Lecoq. Présidente adjointe : Audrey Beauduc* ; vice-présidente : Dominique Immig ; secrétaire générale : Cécile Iribarnégaray* ; trésorier : Daniel Teyssier*.

(* = membre du Spéléo-club de Paris)

Il faut noter l’ambiance très conviviale et très amicale qui a régné au cours de ces deux assemblées générales.

Anciens repaires souterrains du vietcong

Une équipe britannique menée par Deb et Howard Limbert prospecte depuis vingt ans la région karstique de Phong Nha (Viêt Nam) au centre de la cordillère annamitique. Plus de 150 grottes y ont été recensées, totalisant 140 km de galeries. Parmi celles-ci on mentionnera Hang Ken, cavité active ornée de magnifiques colonnes drapées, et Hang Khe Ry, grotte de 19 km traversée par une interminable rivière souterraine. Plus sensationnelle encore fut la découverte au printemps 2009 de Hang Son Doong, la plus vaste grotte-tunnel connue. Alternativement sèche ou inondée selon la saison, elle est longue de 4 km, large de 90 m, haute de 100 à 200 m et presque rectiligne. Étonnant, la voix porte à plus de 1 km ! À mi-parcours la galerie reçoit deux énormes puits de lumière qui ont favorisé le développement de plantes tropicales. L’itinéraire longe de grands dômes et tours de calcite, montagnes d’éboulis et escaliers de gours sertis de perles. L’exploration s’est achevée en 2010 après l’escalade d’une muraille d’argile haute de 60 m qui masquait la sortie en pleine jungle.

J.-P. C. D’après le National Geographic France, janvier 2011 (illustrée de splendides photos)

Le timbre du mois

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Proumeyssac est le seul gouffre aménagé du Périgord. Il a longtemps eu mauvaise réputation, d’abord celle d’être le cratère d’un ancien volcan empli de vapeurs méphitiques, puis d’être un trou où les bandits jetaient les voyageurs qu’ils détroussaient. Il fut aménagé au début du 20e siècle ; on y descendait par une nacelle actionnée par un treuil et son cheval. On peut y voir d’extraordinaires concrétions triangulaires et creuses.

Après Padirac et la fontaine de Vaucluse, voici le gouffre de Proumeyssac. On ne peut acheter ce timbre que dans le cadre d’un “collector” (ici Aquitaine-2010), c’est-à-dire plus cher que la valeur faciale des 10 timbres “Lettre prioritaire” dont 9 sont a priori sans intérêt pour le collectionneur thématique (8,90 ).

À propos de Vaucluse : Merci à Philippe Brunet qui a réagi à notre présentation trop rapide de la formation de la fontaine de Vaucluse et nous a permis de corriger quelques inexactitudes. On trouvera sur notre site le nouveau texte de notre présentation du “timbre du mois”, trop long pour être reproduit ici.