Jura Vaudois

La spéléologie en Suisse

Jeudi 11 novembre 2010, par bob, Jacques Beilin, Rémy // Sorties

Le CDS75 a organisé une sortie dans le Jura Vaudois le week end de la Toussaint 2010. Bien que proche du Doubs où le club prend souvent ses quartiers à l’automne et au printemps, cette région est relativement peu connue de notre part. Côté SCP, Nicolas G., Remy T., Samer M. et Jacques B. participaient à la sortie. A cette équipe est venu se greffer Pierre V. grimpeur dont c’était la deuxième sortie sous terre, la première étant au Grand Guérin (Vaucluse) l’été dernier. Thomas L., organisateur de la sortie était accompagné de Bertrand (AFEGC) et Luc, grimpeur et alpiniste.

Trois cavités ont été explorées lors de ce week-end :

  • Gouffre de la Cascade jusqu’à -147m
  • Gouffre de la Pleine Lune jusqu’à Kolos-Salle
  • Glacière de Correntanaz

Pierre nous a donné ses impressions sur les cavités explorées lors des deux premiers jours :

« 

Premier jour

Réveillé par mes camarades pressés d’entrer sous terre, je m’extirpe de mon lit. La maison est bien froide et le ciel est menaçant. Heureusement un café et une bonne flambée auront tôt fait de nous réchauffer. Aujourd’hui, nous partons pour le gouffre de la Cascade. Ca y est, il pleut. Certains cherchent à se rappeler la définition de « cascade ». D’après Wiki, il s’agit de « l’interruption du flot d’un cours d’eau par un dénivelé important ». Mais le spéléo maitrise les risques et nous voici en route.

Le gîte étant idéalement situé, nous sommes sur zone quelques 30mn plus tard (l’autre véhicule aurait bénéficié d’un passage secret…). Aujourd’hui, c’est Nicolas et Jacques qui se jettent à l’eau ; je suis impatient de les rejoindre. C’est un mélange d’excitation et de nervosité ; il va falloir être un peu sérieux. La descente commence par un P36 au départ redoutable. Je me mets dans le rouge dès le premier puits, je m’y suis pris comme un pied. Ouf ! j’arrive enfin à installer mon descendeur, j’espère ne pas être le boulet de la journée !

Petite pause à -50, au pied du filet d’eau qui doit donner son nom au gouffre. Jacques est là pour me donner quelques conseils avisés. C’est déjà reparti pour P17 avec ma première « étroiture », encordé sur une poutrelle puis plein gaz jusqu’à -110. Là commence un joli petit méandre que je prends réellement plaisir à passer jusqu’à une nouvelle tête de puits, au passage plutôt inconfortable.

Les longueurs s’enchaînent, c’est enivrant de s’enfoncer toujours plus sous terre, sans penser à la remontée… Je contrôle de temps en temps que les mousquetons sont bien vissés, ça rassure ! Je rejoins finalement nos 2 équipeurs à -147. Derrière moi, Rémi est déjà là.

Pour continuer vers l’Allée des Merveilles, il va falloir grimper quelques mètres dans des conditions idéales, c’est-à-dire en botte sur une roche glissante, 150m sous terre. Avant même que toute l’équipe nous ait rejoint, le scepticisme se fait sentir, d’autant que l’heure est bien avancée. Ainsi, après une collation bien méritée, nous décidons d’entamer la remontée. Je suis un peu frustré mais je sens qu’il n’aurait pas été raisonnable de continuer.

Je suis Samer qui ouvre le bal. Comme on pouvait l’imaginer, ce fût plus fastidieux que la descente, bien qu’agréable. J’ai rapidement saisi l’importance d’avoir une technique propre pour ne pas s’épuiser (trop rapidement…). Enfin, après une petite douche sous le P36, j’affronte la sortie en sommet du puits « fingers in the noze », résultat : 1 partout.

Et me revoici dans le courant d’air de l’entrée du trou mais je n’ai pas envie de ressortir, c’est passé trop vite et j’ai déjà hâte de replonger demain. Nous échangeons nos impressions sur cette première journée : malgré la frustration de ne pas être allé jusqu’à l’objectif, je suis très content de notre sortie. J’ai adoré descendre ces grandes verticales mais aussi ce petit méandre à mi-parcours, c’était très ludique. Le tout dans la bonne ambiance. Bref vivement demain !

Deuxième jour

Aujourd’hui nous nous rendons au gouffre de la Pleine Lune, toujours dans le même secteur. Cette fois-ci c’est Thomas et Bertrand qui se chargent de l’équipement, plus technique que la veille, notamment à cause de pendules. L’attente est longue dans le froid Jurassien ; heureusement les nuages nous épargnent.

Lorsque l’entrée se libère, il faut se faufiler dans l’étroite fissure : ça promet ! Après un petit ressaut de 5m, nous sommes en haut d’un magnifique puits de 65m, plein gaz. Ca valait le coup d’attendre ! Au 2/3 de la descente, je pars sur le grand pendule, très ludique. Je me demande comment les équipeurs ont installé la corde … Après un passage plus étroit, on rattrape la tête de peloton affamée sur un palier au milieu d’un nouveau puits impressionnant. Là, on se sent vraiment bien sous terre ; la roche est belle et il y a du gaz. 5m plus bas, nouveau pendule, plus petit mais toujours aérien. Je suis de plus en plus séduit par cette grotte complexe. Nouveau passage étroit amenant à une mini salle où l’on peut observer des chauves-souris. Je pense qu’on doit les déranger.

Nicolas qui est juste derrière moi commence a douter qu’on puisse tous aller jusqu’à Kolos-salle. Néanmoins nous continuons notre parcours vers un P18 via un pas d’escalade. Une petite chauve-souris s’est installée à côté d’un passage de fractio. Une nouvelle fois, le puits est superbe, on se régale.

Nous ne sommes désormais plus très loin de Kolos-salle, mais l’équipement se complique et il faut beaucoup attendre. Ainsi, comme je le redoutais, nous avons dû rebrousser chemin. La remontée fut plus éprouvante que la veille ; peut-être à cause du kit accroché à mon baudrier…

Bien qu’une nouvelle fois un peu frustré de ne pas être « aller au fond », la journée a tout de même été fructueuse : grands puits, étroiture et méandre, pendule ou escalade, ce gouffre m’a parut très complet. Plus technique que la Cascade et avec des volumes plus intéressants, ce gouffre m’a permis d’appréhender la complexité et la diversité des réseaux souterrains.

Le mot de la fin

J’ai vraiment apprécié ce week-end. Super ambiance, organisation remarquable, trous sympas et accessibles aux débutants. Un seul regret : week-end trop court !  »

Le mot de Rémy :

L’appel des abîmes sonnait en moi depuis quelques temps. Le CDS via Thomas nous avait bordé une sortie bien sympathique, je m’y suis inscrit.

Au programme : le centre de la terre.

Vendredi, les sacs biens remplis, je saute dans le RER rejoindre la Kangoo-compagnie non loin du pays de Mickey, direction le Jura. Au menu, Mont d’Or et saucisse de Morteau aux lentilles pour les estomacs et de jolies cavités pour le sport.

Les hautes terres helvètes sont magnifiques, bordées de petits murets. En plus, avant de passer la frontière, nous aurons pour nous encourager le joli sourire d’une vendeuse de fromage au bord de la route ;-).

Le samedi nous visiterons le gouffre des cascades, composé de magnifiques successions de puits, avant de prendre pied à - 147 mètres. Le dimanche, les moins frileux iront percer les mystères de l’équipement du gouffre de la pleine lune. Pour dessert spéléologique, nous prendrons un dessert glacé à la glacière de Correntanaz.

Thomas nous a organisé une très belle sortie où j’ai pu découvrir de valeureux nouveaux compagnons de corde.

Le jura est belle régions, nous y retournerons certainement ..........